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Fibre débranchée : qui répond de la ligne quand un technicien est passé

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Deux entreprises distinctes sont en cause, et vous n’avez de contrat qu’avec l’une d’elles : celle qui facture votre abonnement. L’autre a déployé le réseau et exploite le point où les lignes sont mutualisées ; l’article L. 34-8-3 du code des postes et des communications électroniques l’oblige à en ouvrir l’accès aux autres opérateurs, par convention entre eux. Votre fournisseur d’accès y a donc droit, vous non. L’Arcep indique de lui signaler la panne : c’est lui qui la diagnostique et qui sollicite au besoin celui qui a déployé la fibre. Son assistance technique ne peut pas être surtaxée.

Trois entreprises, et une seule avec laquelle vous avez un contrat

« Ma fibre a été débranchée » décrit un geste matériel : une jarretière retirée d’un tiroir dans une armoire, le plus souvent pour faire de la place à un nouveau raccordement. Vue depuis le salon, la scène est incompréhensible — on appelle celui qui facture, il répond qu’il ne peut rien dans cette armoire, et il dit vrai sur le plan matériel tout en restant tenu sur le plan contractuel. Cette contradiction apparente est en réalité l’architecture normale du réseau, et deux articles de loi suffisent à la lire.

L’article L. 34-8-3 du code des postes et des communications électroniques oblige celui qui a établi ou qui exploite la ligne fibre desservant un logement à faire droit aux demandes raisonnables d’accès émanant d’autres opérateurs, dans des conditions transparentes et non discriminatoires, en un point de raccordement situé en principe hors des limites de la propriété privée. Cet accès fait l’objet d’une convention entre les opérateurs concernés. C’est ce point que le secteur appelle le point de mutualisation : l’expression ne figure pas dans l’article, elle vient d’une décision du régulateur. Et la localisation hors propriété privée souffre les exceptions que le régulateur définit — dans certains immeubles, ce point se trouve à l’intérieur du bâtiment. Cette nuance décide de la suite : voir le tableau des variables, plus bas.

L’article L. 33-6 du même code prévoit de son côté que l’installation, la gestion, l’entretien et le remplacement des lignes fibre dans les parties communes d’un immeuble de logements font l’objet d’une convention entre l’opérateur et le propriétaire, le syndicat de copropriétaires ou l’association syndicale de propriétaires. Ces opérations sont à la charge de l’opérateur, sauf si le propriétaire a refusé deux offres consécutives de cet opérateur dans les deux ans qui précèdent.

Lus ensemble, ces deux articles disent qui est lié à qui, et c’est tout l’objet de cette page. L’entreprise qui exploite le point de mutualisation est liée par convention à deux catégories de personnes : les autres opérateurs d’une part, le propriétaire ou le syndicat de copropriétaires d’autre part. L’occupant n’est partie à aucune des deux. Son unique lien contractuel est l’abonnement souscrit auprès de son fournisseur d’accès. Rien ne lui interdit d’écrire à l’entreprise qui détient matériellement sa ligne, mais il n’a aucun titre pour lui réclamer quoi que ce soit ; son levier de droit, c’est son fournisseur d’accès, qui dispose, lui, d’un droit d’accès à ce point. Une réserve, parce qu’elle change la démonstration : en maison individuelle, un occupant qui est aussi propriétaire peut se trouver être lui-même la contrepartie d’une convention avec l’opérateur. Le raisonnement ci-dessus vise l’occupant d’un immeuble collectif.

L’entreprise en causeCe qui la lie, et à quiCe que vous pouvez lui opposer
Votre fournisseur d’accès, celui qui facture Le contrat d’abonnement, qui vous lie directement à lui. C’est le point d’entrée que le régulateur désigne. Sa fiche pratique, mise à jour le 9 juillet 2026, indique : « Vous pouvez contacter votre fournisseur d’accès à internet qui diagnostiquera l’origine de la panne et se chargera de sa résolution. Le cas échéant, le fournisseur d’accès à internet pourra solliciter l’opérateur ayant déployé la fibre dans l’immeuble ou la zone pour lui demander une intervention si la panne relève de son périmètre. » Pour un abonnement souscrit à distance, l’article L. 221-15 du code de la consommation le rend en outre responsable de plein droit de la bonne exécution du contrat, y compris lorsqu’elle passe par d’autres prestataires (voir la limite, plus bas).
L’opérateur d’infrastructure, celui qui a déployé le réseau Deux conventions : l’une avec les autres opérateurs (art. L. 34-8-3), l’autre avec le propriétaire ou le syndicat de copropriétaires (art. L. 33-6). Vous n’êtes partie à ni l’une ni l’autre. Rien, directement. Son nom à votre adresse est en revanche une information publique et gratuite : le régulateur renvoie à l’onglet « déploiements fibre » de son site « Ma connexion internet ». Ces données étant déclarées par les opérateurs eux-mêmes, elles peuvent être incomplètes ou inexactes. Ce nom sert à votre syndic, ou à recouper ce que votre fournisseur d’accès vous explique — il ne vous donne aucun moyen d’agir directement.
L’opérateur commercial dont l’intervenant a manipulé l’armoire Un contrat avec son propre client, et une convention d’accès avec l’opérateur d’infrastructure. Aucun lien avec vous. Rien. La sanction de ses manquements se joue entre professionnels : le régulateur a précisé, dans une position du 12 mars 2021, que le cadre réglementaire permet à un opérateur d’infrastructure de suspendre l’accès d’un opérateur commercial au mode de raccordement sous-traité, en cas de manquement répété aux spécifications techniques raisonnables et aux règles de l’art.
Le syndicat de copropriétaires, ou le propriétaire La convention de l’article L. 33-6, dont il est partie et vous non. Un canal supplémentaire, et à une condition. Le régulateur indique qu’« en cas d’armoire ou d’équipements fibre détériorés à l’intérieur d’un immeuble », il est possible de prévenir son syndic, qui « doit contacter l’opérateur ayant déployé la fibre dans l’immeuble afin de signaler l’incident ». Si la ligne a été débranchée dans une armoire de rue, ce canal ne s’applique pas : le syndic n’a pas plus de titre sur cette armoire que vous.

Pourquoi l’intervenant ne travaillait probablement pas pour le propriétaire de l’armoire

Dans l’immense majorité des cas, ce n’est pas l’entreprise qui détient l’armoire qui vient y brancher une nouvelle ligne. C’est le fournisseur d’accès du nouveau client qui envoie son propre sous-traitant intervenir dans l’infrastructure d’un tiers. Ce mode d’organisation, appelé sous-traitance à l’opérateur commercial, est celui que l’Arcep décrivait en 2023 comme privilégié par les grands opérateurs nationaux, en zone très dense comme en zone moins dense. Le mode retenu varie toutefois selon les réseaux et peut changer dans le temps — c’est précisément ce qu’ouvre la faculté de suspension rappelée ci-dessus. C’est cette mécanique qui explique, sans l’excuser, qu’un intervenant débranche une ligne existante pour poser la sienne.

Le phénomène est connu du régulateur, qui a relevé que des utilisateurs se déclarent débranchés au profit d’un nouvel abonné. La réponse apportée ne passe pas par une loi : elle passe par les contrats que les opérateurs d’infrastructure signent avec les opérateurs commerciaux intervenant sur leurs réseaux, et par la généralisation de comptes-rendus photo permettant de comparer l’état de l’armoire avant et après chaque intervention. Deux conséquences pour vous, et elles vont dans le même sens : ce sont des engagements entre professionnels, qu’un abonné ne peut pas invoquer directement ; et ce compte-rendu photo circule entre opérateurs — vous ne pouvez pas l’exiger, même s’il peut être demandé par le médiateur dans le cadre d’un différend.

Ce qui décide de la réponse, et où cela se lit

Aucune page ne peut trancher les lignes qui suivent : la variable est chez vous, dans le bâtiment, dans votre bail ou dans la date de votre premier écrit. Les nommer, c’est déjà la moitié du chemin.

La variablePourquoi elle change la réponseOù elle se lit
Le matériel touché est à l’intérieur de l’immeuble, ou dans une armoire de rue C’est la variable maîtresse. L’article L. 34-8-3 situe le point de raccordement en principe hors des limites de la propriété privée, sauf dans les cas définis par le régulateur. Or le canal du syndic, ouvert par la fiche de l’Arcep, ne vise que les équipements détériorés à l’intérieur d’un immeuble. Dehors, il se referme, et le fournisseur d’accès redevient la seule porte d’entrée. L’emplacement du boîtier de palier et de la colonne montante dans votre bâtiment, et ce qui vous a été dit du lieu de l’intervention.
Copropriétaire, locataire, ou maison individuelle La convention de l’article L. 33-6 lie l’opérateur au propriétaire, au syndicat de copropriétaires ou à l’association syndicale de propriétaires. Un locataire n’en est pas partie : il passe par son bailleur, et un locataire du parc social par son bailleur social. En maison individuelle, cette convention collective n’existe pas. Votre bail ou votre titre de propriété, et l’existence — ou non — d’un syndic.
Abonnement souscrit à distance, ou en boutique L’article L. 221-15 du code de la consommation figure dans la section réservée aux contrats conclus à distance. Souscrit en ligne ou par téléphone, il s’applique directement ; souscrit en boutique, il faut passer par le droit commun du contrat et l’argument n’a pas la même force. C’est un basculement de régime pur, décidé par un fait que vous seul détenez. Votre bon de commande, ou le courriel de confirmation de souscription.
Débranchement matériel, ou écrasement contractuel Vue du salon, la panne est identique ; les deux régimes ne le sont pas, et ils n’ouvrent ni les mêmes interlocuteurs, ni les mêmes engagements (voir la section suivante). Les distinguer suppose de savoir si une commande a été passée sur votre ligne. Vos courriels des dernières semaines, et ce que votre fournisseur d’accès lit dans son système.
Avez-vous écrit, et à quelle date Toute la chaîne de recours est calendaire, et elle ne démarre qu’à un écrit. La saisine du médiateur se compte « 1 an à partir de la date de votre réclamation écrite auprès du service clients ». Trois appels téléphoniques ne font courir aucun délai ; un premier écrit vieux de onze mois vous place au bord de la forclusion. La même page produit deux marches à suivre opposées selon cette date. La date de votre courrier ou de votre courriel, et son accusé de réception.
Le délai qu’on vous a annoncé, et le réseau sur lequel vous êtes Aucun texte ne fixe de délai de rétablissement : ce qui existe, ce sont les engagements de qualité de service inscrits au contrat, et des moyennes de filière publiées par le régulateur. Un délai annoncé de trois jours et un délai annoncé de six semaines n’appellent pas la même conduite. Ce que votre fournisseur d’accès vous a écrit, et le nom de l’opérateur d’infrastructure de votre adresse sur l’outil cartographique du régulateur.

Débranchement ou écrasement : deux mots, deux régimes

L’écrasement à tort est autre chose qu’un débranchement, et la confusion des deux mots est la plus répandue sur ce sujet. Le régulateur définit l’écrasement comme le raccordement de la ligne d’un abonné au réseau d’un nouvel opérateur « sans que le client n’y ait consenti ». Dans ce cas, l’abonné dispose d’un interlocuteur unique : son opérateur habituel.

Les chiffres que l’on lit souvent à ce propos — rétablissement sous 7 jours ouvrés, rétablissement gratuit lorsque l’écrasement est avéré, indemnité de 30 euros par semaine sans service plafonnée à 120 euros — ne viennent ni de la loi ni du régulateur. Ce sont des engagements pris par la Fédération française des télécoms, applicables depuis le 1er janvier 2009 et rappelés par l’Arcep. Ils n’engagent que les opérateurs membres de cette fédération, ils concernent l’écrasement à tort et non un débranchement physique en fibre, et ils ne constituent pas un droit que l’on puisse invoquer devant un juge.

Une limite de périmètre, et elle est vérifiée : la fiche de l’Arcep consacrée à l’écrasement à tort décrit le réseau cuivre, le dégroupage partiel et l’abonnement téléphonique classique. Elle ne mentionne à aucun moment la fibre optique, et ses règles ne peuvent donc pas être transposées telles quelles à une jarretière débranchée dans une armoire fibre. Le véritable enseignement de la comparaison est cette asymétrie : sur un écrasement, un barème existe, publié par une fédération professionnelle ; sur un débranchement en fibre, il n’en existe aucun.

Huit idées reçues, et ce que disent les textes

Ce qu’on lit partoutCe que dit la règle
« C’est mon opérateur qui a débranché ma fibre, c’est donc à lui d’aller la rebrancher. » Faux dans les deux sens, et c’est ce qui rend la scène si difficile à lire. Le geste a pu être commis par l’intervenant mandaté par un tout autre opérateur commercial, et l’armoire relève d’un troisième acteur, l’opérateur d’infrastructure. Mais l’inverse est tout aussi faux : votre fournisseur d’accès reste tenu envers vous par le contrat, et c’est de lui que le régulateur fait le point d’entrée du signalement.
« Puisque c’est l’opérateur d’infrastructure qui détient l’armoire, je vais m’adresser à lui. » Impasse structurelle. Vous n’avez aucun contrat avec lui. Ses conventions le lient aux autres opérateurs (art. L. 34-8-3 du code des postes) et au propriétaire ou au syndicat de copropriétaires (art. L. 33-6) — jamais à l’occupant. Rien ne vous interdit de lui écrire ; simplement, vous n’avez rien à lui opposer et il n’a aucune obligation de vous répondre.
« L’intervenant travaillait pour l’opérateur qui détient l’armoire. » Le plus souvent non. Dans le mode de raccordement sous-traité à l’opérateur commercial, c’est le fournisseur d’accès du nouveau client qui fait intervenir son propre sous-traitant dans l’infrastructure d’un tiers. L’Arcep décrivait ce mode en 2023 comme celui de la quasi-totalité des raccordements ; il varie selon les réseaux et peut être suspendu par l’opérateur d’infrastructure en cas de manquement répété.
« Débranchement et écrasement, c’est la même chose. » Non : deux régimes distincts, deux interlocuteurs, deux jeux d’engagements. La fiche de l’Arcep consacrée à l’écrasement à tort ne mentionne d’ailleurs pas la fibre : son vocabulaire est celui du dégroupage cuivre. Voir la section précédente.
« Une loi de 2023 protège désormais les abonnés contre les malfaçons de raccordement. » Inexact, et l’erreur est très répandue parce que beaucoup d’articles en parlent au présent. La proposition de loi visant à assurer la qualité et la pérennité des raccordements aux réseaux de communications électroniques à très haut débit en fibre optique a été adoptée par le Sénat le 2 mai 2023, puis transmise à l’Assemblée nationale, où le dernier acte documenté remonte au 23 juillet 2024. Elle n’a pas été promulguée et n’est donc pas en vigueur.
« 30 jours, c’est le délai légal de reprise. » Non. Les 30 jours sont un indicateur de suivi de la filière, pas un droit opposable. Dans la 8e édition de son observatoire de la qualité des réseaux fibre, publiée le 21 juillet 2026 sur un périmètre de 46 réseaux représentant 30 % des locaux et 13 millions d’abonnés, le régulateur relève que 88 % des malfaçons étaient reprises en moins de 30 jours en février 2026 — soit environ une sur huit au-delà d’un mois. Les moyennes masquent en outre de forts écarts : le nombre de réseaux affichant moins de 5 % d’échecs au raccordement est passé de 82 à 49 d’une édition à l’autre.
« L’Arcep va régler mon problème si je dépose une alerte. » Non. L’alerte nourrit l’action du régulateur et produit des recommandations ; elle ne rétablit pas une ligne. La procédure de règlement des différends de l’article L. 36-8 du code des postes est une procédure entre professionnels du secteur, ouverte « par l’une des parties » à une négociation d’accès ou d’interconnexion : un abonné n’est partie à aucune de ces conventions. La voie de résolution individuelle, c’est le médiateur.
« Les hotlines des opérateurs sont gratuites. » Approximation courante, et il ne faut pas la reprendre telle quelle : la loi impose un numéro non surtaxé, ce qui n’est pas la même chose que gratuit. L’article L. 224-38 du code de la consommation exige un « numéro d’appel non géographique, fixe et non surtaxé » et pose qu’« aucun coût complémentaire autre que celui de la communication téléphonique ne peut être facturé ». Une règle générale la double : « Le numéro de téléphone destiné à recueillir l’appel d’un consommateur en vue d’obtenir la bonne exécution d’un contrat conclu avec un professionnel ou le traitement d’une réclamation ne peut pas être surtaxé » (art. L. 121-16 du même code).

Dans quel ordre agir

  1. Noter ce que vous seul pouvez établir, et le dater. Vous n’avez aucun titre pour ouvrir une armoire qui ne vous appartient pas, ni pour en constater l’état, et le compte-rendu photo de l’intervention circule entre professionnels. Ce qui vous reste vaut pourtant beaucoup : la date et l’heure exactes de la coupure, l’état des voyants du boîtier optique et de la box, la référence donnée à chaque signalement, les rendez-vous d’intervention fixés puis manqués, et vos écrits horodatés.
  2. Signaler à votre fournisseur d’accès, parce que c’est lui qui a le droit d’accéder au point de mutualisation. La fiche du régulateur en fait le point d’entrée : c’est lui qui diagnostique et qui sollicite, le cas échéant, l’opérateur ayant déployé la fibre. Son service d’assistance technique ne peut pas être surtaxé : voir l’encadré ci-dessous.
  3. Écrire, et pas seulement téléphoner. C’est l’étape la plus souvent sautée, et celle qui coûte le plus cher. Un appel ne laisse pas de trace et ne fait courir aucun délai : le compte à rebours de la saisine du médiateur démarre à une réclamation écrite adressée au service clients. Demandez dans cet écrit une référence de signalement, ainsi que la date d’intervention prévue.
  4. En copropriété, et si le matériel abîmé est à l’intérieur du bâtiment, prévenir le syndic. Il est partie à la convention de l’article L. 33-6, ce que vous n’êtes pas : c’est lui qui peut alerter l’opérateur ayant fibré l’immeuble. Un locataire passe par son bailleur. Si l’armoire est sur le trottoir, cette voie ne s’ouvre pas.
  5. Se méfier du réflexe qui consiste à changer d’opérateur. L’infrastructure et le point de mutualisation, eux, ne changent pas : une nouvelle souscription déclenche une nouvelle intervention au même endroit. Et la résiliation sans frais n’est pas une faculté ouverte à tout moment — la fiche service-public.gouv.fr la présente comme une suite d’un manquement de l’opérateur, qu’il faut donc avoir établi.
  6. Peser l’enjeu avant d’engager un recours. Le parcours du médiateur se compte en mois : un mois d’attente après le service clients, un mois après le service consommateurs, puis jusqu’à trois mois d’instruction. Il ne rebranche pas une ligne, il tranche une indemnisation — à mener en parallèle du rétablissement, jamais à sa place. Pendant la coupure, le seul dépannage qui ne dépende de personne d’autre que vous reste le partage de connexion depuis un mobile.

Sources : art. L. 34-8-3, L. 33-6 et L. 36-8 du code des postes et des communications électroniques ; art. L. 224-38, L. 121-16 et L. 221-15 du code de la consommation ; décision de l’Arcep n° 2009-1106 du 22 décembre 2009 (définitions de l’opérateur d’immeuble et du point de mutualisation) ; Arcep — « Dégradations sur la fibre optique ou débit faible : que faire ? » (mise à jour du 9 juillet 2026), « Que faire en cas d’écrasement à tort ? », observatoire de la qualité des réseaux en fibre optique du 21 juillet 2026, communiqué du 25 novembre 2021 sur la qualité des raccordements, position de l’Arcep du 12 mars 2021 sur le mode STOC, suivi des travaux pour améliorer la qualité des réseaux fibre, recommandation de juillet 2023 sur les raccordements finals, cartefibre.arcep.fr et J’alerte l’Arcep ; service-public.gouv.fr — exécution et évolution du contrat de téléphonie et d’internet (vérifiée le 24 septembre 2025) et médiateur des communications électroniques (vérifiée le 26 novembre 2025) ; Sénat — dossier législatif de la proposition de loi n° 795 sur la qualité et la pérennité des raccordements. Vérifié le 13 août 2026.

Quatre précisions de méthode, parce qu’elles bornent ce qui précède. Le délai de rétablissement : aucun texte n’en fixe. La fiche service-public.gouv.fr écrit que l’opérateur doit « intervenir rapidement pour rétablir le service » et renvoie aux caractéristiques de qualité prévues au contrat ; les 30 jours de l’observatoire sont un indicateur de suivi de la filière, jamais une obligation. La responsabilité de plein droit : l’article L. 221-15 du code de la consommation permet au professionnel de s’exonérer en tout ou partie s’il prouve que l’inexécution est imputable au consommateur, à un cas de force majeure, ou au fait imprévisible et insurmontable d’un tiers au contrat — l’intervention d’un prestataire mandaté par un autre opérateur peut conduire à en discuter, étant observé qu’un phénomène documenté par le régulateur depuis 2021 se défend mal comme imprévisible. L’outil cartographique : nous publions l’existence de la donnée, pas le pas-à-pas d’écran qui circule, parce que la fiche du régulateur qui le décrit affiche une mise à jour de novembre 2021 et que nous n’avons pas revérifié les libellés de l’interface. Les montants de l’écrasement : ils sont publiés ici avec leur origine — des engagements de fédération professionnelle de 2009 — parce que les taire laisserait croire qu’ils s’appliquent à un débranchement en fibre. Ils ne s’y appliquent pas.

Les recours gratuits, et ce qui n’est « que » non surtaxé — les deux ne se confondent pas.

Réellement gratuits. Le médiateur des communications électroniques est gratuit pour le consommateur : c’est le professionnel qui en assume le coût. Sa saisine suppose d’avoir d’abord adressé une réclamation écrite au service clients de l’opérateur, puis, en l’absence de réponse au bout d’un mois ou en cas de réponse insatisfaisante, au service consommateurs ; si le service clients n’a pas répondu au bout de deux mois, le médiateur peut être saisi directement. Le délai pour le saisir est d’un an à compter de la date de la réclamation écrite — un appel téléphonique ne le fait pas courir. L’avis est rendu dans un délai de trois mois, et vous disposez d’un mois pour l’accepter ou le refuser. La médiation porte sur les litiges de consommation. La plateforme « J’alerte l’Arcep » est gratuite : elle recueille les dysfonctionnements rencontrés avec un opérateur et fournit des recommandations en fin de parcours. Il faut savoir ce qu’elle est — un signalement qui nourrit l’action du régulateur ; ce n’est ni une plainte ni un recours, et l’Arcep ne rétablira pas la ligne. Enfin, l’outil cartographique cartefibre.arcep.fr est gratuit et donne le nom de l’opérateur d’infrastructure d’une adresse, sous réserve que la déclaration des opérateurs y soit complète et exacte.

Non surtaxé, ce qui n’est pas la même chose. Le service d’assistance technique de votre fournisseur d’accès est accessible par un numéro d’appel non géographique, fixe et non surtaxé, et aucun coût complémentaire à celui de la communication ne peut être facturé à ce titre ; lorsque vous appelez depuis la ligne de l’opérateur auprès duquel vous avez souscrit, rien ne peut vous être facturé tant que vous n’avez pas un interlocuteur en ligne prenant en charge le traitement effectif de votre demande (art. L. 224-38 du code de la consommation). Non surtaxé ne veut pas dire gratuit : la communication elle-même reste décomptée selon votre forfait. En pratique, ces numéros y sont inclus. C’est par là qu’il faut commencer, et c’est aussi la seule voie par laquelle une intervention peut être demandée au point de mutualisation.

Dans quels cas nous appeler

La règle générale se lit ci-dessus. Ce qui la fait basculer d’un régime à l’autre tient à des faits que vous êtes seul à connaître, et c’est là qu’une page atteint sa limite :

  • vous ne savez pas où se trouve le matériel qui a été manipulé — dans votre hall ou dans une armoire de rue — et donc si le canal du syndic vous est ouvert ou fermé ;
  • vous êtes locataire, ou dans une petite copropriété sans syndic professionnel, et vous ne savez pas qui, du bailleur ou de vous, est partie à la convention qui lie l’opérateur à l’immeuble ;
  • vous ne savez plus si votre abonnement a été souscrit à distance ou en boutique, alors que c’est ce seul fait qui décide si la responsabilité de plein droit de l’article L. 221-15 s’applique directement ;
  • votre ligne a été débranchée une seconde fois après avoir été rétablie, et vous ne savez pas si vous êtes toujours dans le même régime ou face à autre chose ;
  • un délai court en ce moment : l’année qui suit votre premier écrit au service clients pour saisir le médiateur, ou le mois dont vous disposez pour accepter ou refuser son avis.

Notre assistance vous explique quelle règle s’applique à ce que vous décrivez et ce que vos documents permettent d’établir. Les interlocuteurs restent votre fournisseur d’accès, votre syndic ou votre bailleur le cas échéant, et le médiateur : aucune démarche ne peut être faite à votre place.

Cette page ne peut trancher ni l’endroit où se trouve le matériel manipulé — dans votre immeuble ou dans une armoire de rue, ce qui ouvre ou ferme le canal du syndic —, ni la façon dont votre abonnement a été souscrit, ni la date de votre premier écrit. Ces trois éléments décident du régime applicable, et ils ne figurent que dans vos documents.

Contactez notre service d’assistance

Appeler le 3240 3240 — service 3 € par appel + prix d’un appel

Service facturé 3 € par appel + prix d’un appel, après diffusion du message tarifaire gratuit en début d’appel. Disponible 24 h/24, 7 j/7.

Ce que fait — et ne fait pas — le 3240. Nous vous expliquons la règle applicable à une ligne fibre débranchée dans l’infrastructure. Nous n’accédons à aucun dossier, ne contactons ni votre fournisseur d’accès, ni l’opérateur d’infrastructure, ni votre syndic à votre place et n’engageons aucune démarche pour vous. Nous ne consultons aucune ligne, ne déclenchons aucune intervention et ne rédigeons aucun écrit à votre place.

Questions fréquentes

Pourquoi mon fournisseur d’accès dit-il qu’il ne peut rien faire dans l’armoire ?

Parce que cette armoire ne lui appartient pas : elle est exploitée par l’entreprise qui a déployé le réseau. L’article L. 34-8-3 du code des postes et des communications électroniques oblige celle-ci à faire droit aux demandes raisonnables d’accès émanant des autres opérateurs, par convention entre eux. Votre fournisseur d’accès dispose donc bien d’un droit d’accès à ce point, et l’Arcep en fait le point d’entrée du signalement, y compris quand la cause se trouve ailleurs que chez lui.

Puis-je écrire directement à l’opérateur qui a déployé la fibre ?

Rien ne vous l’interdit, mais vous n’avez aucun titre pour lui réclamer quoi que ce soit. Ses conventions le lient aux autres opérateurs (article L. 34-8-3 du code des postes) et au propriétaire ou au syndicat de copropriétaires (article L. 33-6) — jamais à l’occupant. Son nom se lit gratuitement sur l’outil cartographique de l’Arcep ; cette donnée est déclarée par les opérateurs eux-mêmes et peut être incomplète ou inexacte à une adresse donnée.

Débranchement et écrasement, est-ce la même chose ?

Non, et les deux régimes ne se ressemblent pas. L’écrasement à tort est le raccordement de votre ligne au réseau d’un nouvel opérateur sans que vous y ayez consenti ; l’Arcep y désigne votre opérateur habituel comme interlocuteur unique et rappelle des engagements pris par la Fédération française des télécoms en 2009. Mais sa fiche décrit le réseau cuivre et le dégroupage : ces règles ne se transposent pas à une jarretière débranchée dans une armoire fibre.

Pourquoi la réponse dépend-elle de mon cas ?

Parce que des éléments que vous seul détenez commandent le régime applicable. Le matériel abîmé est-il à l’intérieur de votre immeuble ou dans une armoire de rue : le canal du syndic n’existe que dans le premier cas. Êtes-vous propriétaire, locataire, ou en maison individuelle : la convention de l’article L. 33-6 ne lie pas les mêmes personnes. Votre abonnement a-t-il été souscrit à distance ou en boutique. Et avez-vous écrit, à quelle date : les délais ne courent que d’un écrit.

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