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Médiateur de la consommation : lequel est le vôtre, et comment il fonctionne

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Il n’existe pas un médiateur : le professionnel peut avoir son propre dispositif ou adhérer à n’importe quel médiateur référencé (art. L612-1 du code de la consommation), et il doit vous en donner les coordonnées. La médiation est gratuite pour vous. Cinq motifs la rendent irrecevable (art. L612-2), dont l’absence de réclamation écrite préalable et une saisine plus d’un an après celle-ci. Le code fixe une issue à quatre-vingt-dix jours au plus tard, prolongeable ; le délai réel moyen constaté dépasse 140 jours.

Qui est votre médiateur, et pourquoi ce n’est pas toujours le même

Votre situation Ce que dit la règle Ce que ça change pour vous
Le professionnel a son propre médiateur Il peut mettre en place son propre dispositif de médiation (art. L612-1, al. 3). Le code encadre alors l’indépendance du médiateur : nomination pour trois ans au minimum, rémunération sans lien avec le résultat de la médiation, absence de conflit d’intérêts (art. L613-1). Un médiateur financé par l’entreprise n’est pas pour autant son porte-parole : ces garanties conditionnent son référencement.
Un médiateur sectoriel couvre tout son domaine d’activité Le professionnel doit toujours vous permettre d’y recourir, même s’il dispose de son propre médiateur d’entreprise (art. L612-1, al. 4). Vous avez alors le choix entre les deux. Ce n’est pas une alternative pour le professionnel : c’est une option pour vous.
Il adhère à un organisme généraliste Il peut vous renvoyer vers tout autre médiateur référencé répondant aux exigences du code (art. L612-1, al. 3). Ce n’est donc ni forcément un médiateur maison, ni forcément un médiateur de branche : ne déduisez pas le médiateur du secteur.
Un médiateur public est compétent Le litige ne peut alors pas être porté devant un médiateur conventionnel, sauf convention de répartition notifiée à la commission de contrôle (art. L612-5). Vous n’avez pas le choix du médiateur, et rien ne vous prévient. Partez de la mention figurant dans les conditions générales, jamais du premier médiateur trouvé en ligne : une demande adressée à un médiateur incompétent est irrecevable.
Aucun médiateur n’est indiqué nulle part Le professionnel manque à une obligation légale (art. L616-1 et R616-1), passible d’une amende administrative d’au plus 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale (art. L641-1). Cette amende est prononcée par la répression des fraudes : elle sanctionne l’entreprise, elle ne vous rembourse pas et ne vous désigne pas de médiateur. Restent le signalement, puis le conciliateur de justice.
Le vendeur est établi hors de l’Union européenne L’obligation de l’article L612-1 pèse sur les professionnels soumis au droit français ou européen. Un vendeur tiers établi hors de l’Union y échappe. Identifiez d’abord qui vous a vendu, sur la facture : l’opérateur d’une place de marché et le vendeur tiers qui y est hébergé ne sont pas la même personne. Une directive du 16 décembre 2025 étendra le dispositif aux professionnels hors Union qui ciblent le marché européen, mais à compter du 20 septembre 2028 seulement.
L’entreprise est en liquidation judiciaire La médiation perd son objet : une entreprise en procédure collective ne peut plus transiger librement sur ses dettes. La créance se déclare auprès du mandataire judiciaire, dans les délais de la procédure collective. Faites vérifier votre situation par un professionnel du droit.

Ce qui fait rejeter une demande

Le code énumère cinq motifs, et non deux. C’est l’écart entre ce que les gens retiennent et ce que les médiateurs appliquent : la commission publique qui les contrôle relève que 45 % seulement des demandes reçues en 2024 ont été déclarées recevables, la première cause de rejet étant l’impossibilité, pour le consommateur, de prouver sa démarche préalable.

Motif de rejet (art. L612-2) Ce que cela implique en pratique
1° Pas de réclamation écrite préalable auprès du professionnel Un appel ou un passage en magasin ne suffit pas. Le code n’impose aucune forme particulière — il exige un écrit — mais le contrat peut prévoir des modalités de réclamation que le médiateur vérifiera.
2° Demande manifestement infondée ou abusive Le médiateur apprécie ; remplir les autres conditions ne garantit donc pas l’examen du dossier.
3° Litige déjà examiné, ou en cours d’examen, par un autre médiateur ou par un tribunal Avoir déjà tenté un autre canal peut fermer celui-ci. L’ordre dans lequel vous engagez vos démarches n’est pas neutre.
4° Saisine plus d’un an après la réclamation écrite Le délai court de votre réclamation écrite, pas de l’achat ni du refus du professionnel. C’est à vous d’en prouver la date : un message envoyé depuis un espace client ou un formulaire de contact peut disparaître avec le compte.
5° Litige hors du champ de compétence du médiateur saisi D’où l’importance d’identifier le bon médiateur avant d’écrire, et non l’inverse.
Information du rejet Le médiateur doit vous informer du rejet dans les trois semaines suivant la réception de votre dossier (art. L612-2, dernier alinéa). Aucune sanction n’est prévue s’il ne le fait pas : passé ce délai sans nouvelle, relancez par écrit et demandez une confirmation écrite de recevabilité ou de rejet.

Le déroulé, du courrier à la proposition

  1. Écrivez au professionnel. Sans réclamation écrite préalable, le médiateur ne peut pas examiner votre dossier (art. L612-2, 1°). La lettre recommandée avec accusé de réception, que SignalConso conseille, n’est pas exigée par le code, mais c’est la seule preuve de date qui ne dépende pas du professionnel. Gardez-en copie. Ce que cet écrit doit contenir, et les effets qu’il déclenche par ailleurs, sont traités sur la mise en demeure : à quoi elle sert, quand elle est obligatoire.
  2. Attendez, mais pas n’importe combien de temps. Le code n’impose aucun délai d’attente. En pratique, la plupart des médiateurs demandent d’attendre deux mois après un courrier resté sans réponse ou suivi d’une réponse insatisfaisante. Ce délai vient de leur charte, pas de la loi, et il varie d’un médiateur à l’autre : vérifiez-le sur le site du médiateur concerné. Saisir trop tôt fait rejeter le dossier ; saisir plus d’un an après la réclamation aussi.
  3. Identifiez le médiateur dont relève le professionnel. Ses coordonnées, et l’adresse de son site internet, doivent figurer de manière visible et lisible sur le site du professionnel, dans ses conditions générales ou sur ses bons de commande (art. R616-1). Il doit en outre vous les redonner lorsque votre réclamation n’a pas pu être réglée par ses services (art. L616-1). Dans les faits, ces coordonnées restent souvent difficiles à trouver : la liste officielle des médiateurs référencés existe pour cela.
  4. Saisissez le médiateur. Le processus doit être « aisément accessible par voie électronique ou par courrier simple à toutes les parties » (art. R612-1, 1°). Vous pouvez, à vos frais, vous faire représenter par un avocat ou assister par toute personne de votre choix, à tous les stades de la médiation (art. R612-1, 3°).
  5. Attendez la notification, qui déclenche le compte à rebours. Dès réception des documents fondant votre demande, le médiateur notifie sa saisine aux parties et leur rappelle qu’elles peuvent se retirer du processus à tout moment (art. R612-2). C’est cette notification, et non votre envoi, qui fait courir les quatre-vingt-dix jours (art. R612-5). Le médiateur peut prolonger ce délai à tout moment en cas de litige complexe, en en avisant immédiatement les parties.
  6. La proposition, et ce qu’elle engage. En vous la communiquant, le médiateur doit rappeler que chacun est libre de l’accepter ou de la refuser, que la médiation n’exclut pas un recours devant une juridiction, et que la solution peut être différente de celle qu’un juge rendrait (art. R612-4). Il doit aussi préciser les effets juridiques de l’acceptation et fixer un délai de réponse : une proposition acceptée n’est plus librement révocable.

Ce que la médiation ne fait pas

Elle ne contraint personne, ni avant, ni après. Le professionnel peut refuser d’entrer en médiation, et chaque partie peut se retirer du processus à tout moment (art. R612-2). Si une proposition est rendue, chacun reste libre de l’accepter ou de la refuser (art. R612-4). Le ministère de l’Économie indique que 85 % des médiations menées à terme aboutissent à une solution acceptée ; ce taux ne porte que sur les dossiers arrivés au bout, en aval de la recevabilité. En cas de refus de participer, le médiateur dresse un constat d’échec : conservez-le, c’est la preuve de votre tentative amiable.

Elle ne vous ferme pas la porte du tribunal. Est interdite toute clause obligeant le consommateur à recourir à une médiation avant de saisir le juge (art. L612-4). À ne pas confondre avec l’exigence procédurale de l’article 750-1 du code de procédure civile, qui vient de la loi et non du contrat : la demande en justice « est précédée, au choix des parties, d’une tentative de conciliation menée par un conciliateur de justice, d’une tentative de médiation ou d’une tentative de procédure participative », à peine d’une irrecevabilité que le juge peut prononcer d’office, lorsqu’elle tend au paiement d’une somme n’excédant pas 5 000 €, lorsqu’elle porte sur l’une des actions visées aux articles R211-3-4 et R211-3-8 du code de l’organisation judiciaire, ou lorsqu’elle est relative à un trouble anormal de voisinage. Des dispenses existent, notamment en cas de motif légitime, d’urgence manifeste ou d’indisponibilité d’un conciliateur repoussant la première réunion au-delà de trois mois. Cette rédaction s’applique aux instances introduites depuis le 1er octobre 2023. Une médiation de la consommation déjà tentée satisfait cette exigence.

Elle met la prescription en pause, mais sous condition. La suspension arrête le cours du délai sans effacer ce qui a déjà couru : il reprend là où il s’était arrêté, sans repartir de zéro, pour une durée qui ne peut être inférieure à six mois à compter de la fin de la médiation (art. 2230 et 2238 du code civil). Attention à la lettre du texte : l’article 2238 fait courir la suspension du jour où les parties conviennent de recourir à la médiation ou, à défaut d’accord écrit, du jour de la première réunion. La Cour de cassation admet que l’adhésion du professionnel à un dispositif de médiation vaut accord de principe, la lettre de saisine du consommateur formant alors l’accord écrit (Cass. com., 11 mai 2022, n° 20-23.298). Mais si le professionnel n’adhère à aucun dispositif ou refuse d’entrer en médiation, ne comptez pas sur cette suspension pour laisser filer un délai d’action. Ce texte vise par ailleurs la prescription, non les délais de forclusion : pour ceux-là, faites vérifier votre situation par un professionnel du droit.

Elle est confidentielle, et c’est à double tranchant. La médiation des litiges de consommation est soumise à l’obligation de confidentialité prévue par l’article 21-3 de la loi du 8 février 1995 (art. L612-3). Concrètement, ce qui s’y dit et ce qui s’y propose n’a pas vocation à être produit ensuite devant un juge sans l’accord des deux parties : cela protège vos échanges, mais une concession obtenue en médiation ne vous servira pas automatiquement au tribunal si elle échoue.

Elle ne couvre pas tous les différends. Ne sont pas des litiges de consommation, au sens du code (art. L611-4) :

S’y ajoutent les cas écartés par l’article L611-3 : les litiges entre professionnels, la réclamation encore en cours de traitement par le professionnel lui-même, les négociations directes entre les deux parties, les médiations ordonnées par un tribunal déjà saisi, et les procédures introduites par un professionnel contre un consommateur. Le dispositif ne fonctionne donc que dans un sens : un professionnel ne peut pas y assigner son client. Les différends entre deux particuliers en sont exclus par nature.

Elle ne passe plus par la plateforme européenne. Le dépôt de plaintes sur la plateforme de règlement en ligne des litiges a pris fin le 20 mars 2025, et le règlement (UE) n° 524/2013 qui la fondait est abrogé depuis le 20 juillet 2025. Si les conditions générales d’un site vous renvoient encore vers cette plateforme, le lien ne mène nulle part : ce n’est pas un signe de fraude, seulement une mention non mise à jour — l’article L616-2 du code de la consommation, qui impose cette information, renvoie d’ailleurs toujours à un règlement abrogé. Pour un achat auprès d’un professionnel établi dans un autre pays de l’Union européenne, en Islande ou en Norvège, l’interlocuteur est le Centre européen des consommateurs France, qui assiste gratuitement les consommateurs et aide à identifier le médiateur compétent à l’étranger — sans pouvoir de décision.

Sources : code de la consommation, art. L611-3, art. L611-4, art. L612-1, art. L612-2, art. L612-3, art. L612-4, art. L612-5, art. L613-1, art. L615-1 et L615-2, art. L616-1, art. L641-1, art. R612-1, art. R612-2, art. R612-4, art. R612-5, art. R616-1 ; code civil, art. 2238 ; code de procédure civile, art. 750-1 ; ministère de l’Économie — bilan des dix ans de la médiation de la consommation (chiffres arrêtés au 31 décembre 2025) ; rapport de la CECMC pour le taux de recevabilité et le délai réel moyen ; INC — comment saisir le médiateur de la consommation ; SignalConso — les démarches à conduire en parallèle ; règlement (UE) 2024/3228 pour la fermeture de la plateforme européenne et directive (UE) 2025/2647 pour l’évolution à venir. Vérifié le 5 août 2026.

Cette page explique une règle générale ; elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Le cadre européen change à échéance connue : la directive (UE) 2025/2647 du 16 décembre 2025 doit être transposée au plus tard le 20 mars 2028 et ses règles s’appliqueront à compter du 20 septembre 2028. Jusque-là, rien de ce qu’elle prévoit n’est invocable. Le nombre de médiateurs référencés évolue également : la commission de contrôle en référence de nouveaux et en retire d’autres.

Les recours officiels sont gratuits. La médiation de la consommation est elle-même gratuite pour le consommateur (art. L612-1). La liste officielle des médiateurs référencés, secteur par secteur, est publiée gratuitement par le ministère de l’Économie ; elle est établie et tenue à jour par la Commission d’évaluation et de contrôle de la médiation de la consommation (CECMC), qui les notifie à la Commission européenne et peut les en retirer. L’Institut national de la consommation explique gratuitement comment saisir un médiateur. SignalConso, service public gratuit édité par la répression des fraudes, permet de signaler un professionnel — il ne tranche pas votre dossier et n’interrompt aucun délai. Si aucun médiateur n’est désigné ou compétent, le recours au conciliateur de justice est gratuit et vaut lui aussi tentative amiable préalable. Pour un achat dans un autre pays de l’Union européenne, en Islande ou en Norvège, le Centre européen des consommateurs France assiste gratuitement les consommateurs.

Dans quels cas nous appeler

Le cadre est écrit. Ce qu’il ne dit pas, c’est lequel de ces cas est le vôtre :

  • vous ne trouvez nulle part le médiateur dont relève le professionnel, et vous ne savez pas s’il faut chercher un médiateur de branche, un médiateur d’entreprise ou la liste officielle ;
  • vous avez écrit, mais depuis un espace client ou un formulaire en ligne, et vous ne savez pas si vous pourrez prouver la date de cet écrit ;
  • votre vendeur est un vendeur tiers d’une place de marché, peut-être établi hors de l’Union, et vous ne savez pas qui répond de quoi ;
  • vous hésitez entre attendre la fin d’une médiation et saisir le juge, parce qu’un délai court et que vous ne savez pas s’il est suspendu ;
  • votre écrit au professionnel date de bientôt un an et vous ne savez pas si vous êtes encore dans les temps pour saisir un médiateur.

Un conseiller vous explique la règle applicable à votre situation et l’ordre dans lequel les démarches s’enchaînent.

Contactez notre service d’assistance

Appeler le 3240 3240 — service 3 € par appel + prix d’un appel

Service facturé 3 € par appel + prix d’un appel, après diffusion du message tarifaire gratuit en début d’appel. Disponible 24 h/24, 7 j/7.

Ce que fait — et ne fait pas — le 3240. Nous vous expliquons la règle applicable à la médiation de la consommation. Nous n’accédons à aucun dossier, ne contactons ni le professionnel ni le médiateur à votre place et n’engageons aucune démarche pour vous.

Questions fréquentes

Y a-t-il un seul médiateur de la consommation en France ?

Non. Le professionnel peut mettre en place son propre dispositif de médiation ou vous renvoyer vers n’importe quel autre médiateur référencé : un médiateur de branche, ou un organisme généraliste auquel il adhère (art. L612-1 du code de la consommation). Le ministère de l’Économie recensait 77 médiateurs référencés au 31 décembre 2025. C’est au professionnel d’indiquer le sien, sur son site et dans ses conditions générales.

La médiation de la consommation est-elle gratuite ?

Oui pour le consommateur : le code la déclare gratuite (art. L612-1 et R612-1, 2° du code de la consommation). Deux frais seulement peuvent rester à votre charge, et uniquement si vous les choisissez : ceux de l’avocat ou de la personne qui vous assiste, et le coût d’une expertise que vous demandez, partagé si les deux parties la demandent ensemble. Le dispositif est financé du côté des professionnels.

Le médiateur peut-il obliger l’entreprise à vous rembourser ?

Non. Le médiateur propose une solution, il ne l’impose pas : il doit rappeler aux parties qu’elles sont libres de l’accepter ou de la refuser, que la médiation n’exclut pas un recours devant une juridiction, et que la solution peut différer de celle qu’un juge rendrait (art. R612-4). L’entreprise peut même refuser d’entrer en médiation : chaque partie peut se retirer du processus à tout moment (art. R612-2).

Combien de temps dure une médiation ?

Le code prévoit une issue au plus tard dans les quatre-vingt-dix jours, mais ce délai ne court pas de votre envoi : il court de la notification que le médiateur adresse une fois votre dossier complet (art. R612-2 et R612-5), et il peut être prolongé en cas de dossier complexe. La commission publique qui contrôle les médiateurs relève un délai réel moyen supérieur à 140 jours. La durée dépend donc du médiateur saisi, de la complétude de votre dossier et de la coopération du professionnel.

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